Huile sur toile, 60 x 80 cm
« La bête à deux dos »
Expression ancienne (notamment utilisée par Shakespeare) pour désigner l’acte sexuel.
Expression ancienne (notamment utilisée par Shakespeare) pour désigner l’acte sexuel.
Le tableau en propose ici une interprétation littérale, allégorique et grotesque de cette union charnelle. Je vous décris les éléments tels que je les ai pensés.
La créature centrale, deux dos fusionnés : deux corps sans tête, illustrant l’union charnelle mais aussi une forme d’aveuglement ou de perte d’identité. Les jambes velues chaussées (talon et sneaker) : allusion à l’animalité et à la dualité masculin/féminin. La tête en forme de pomme croquée avec des yeux : symbole biblique de la tentation et du péché originel. Les yeux omniprésents évoquent le regard de la société, la conscience, voire le jugement. Le serpent qui surgit : référence directe à la Genèse, au désir, à la tentation et au mensonge. Les œufs : symboles de fécondité, de naissance et de potentiel de vie. Le cœur humain posé sur une colonne phallique, doté d’un œil : représentation du sentiment amoureux exposé, observé, presque surveillé. L’arbre : évocation d’un arbre de vie. Dans son tronc est suggérée la présence de l’organe féminin, renforçant la symbolique de fertilité et d’union. Le sablier fondant : le temps qui s’écoule, mais aussi la passion qui se consume, soulignant le caractère éphémère du désir. Les bouches flottantes : sensualité omniprésente, désirs fragmentés, communication charnelle dispersée. Les œufs au plat dans le désert et les objets détournés : éléments surréalistes qui renforcent l’étrangeté et le décalage.
Les couleurs pastel associées à une scène dérangeante : contraste entre douceur esthétique et tension symbolique. Comme dans une logique surréaliste, le réel est détourné pour révéler les pulsions, les tabous et les contradictions liés au désir et au regard social.

